20 avril 2021

Foot Breizh

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Rennes : les buts de l’élimination au scanner

Avant le rendez-vous de Ligue 1 face à Saint-Etienne, retour en détail sur les deux buts encaissés par Rennes à Angers, qui ont provoqué l’élimination des Rouge et Noir dès les 32es de finale de Coupe de France (1-2). 

Jeudi soir, Julien Stéphan était «très en colère», agacé par l’entame de match de ses joueurs, menés 2-0 après 14 minutes. A-t-il été trop dur ? Samedi, le ton était, en tout cas, tout autre, plus axé sur l’auto-critique. A revoir les buts encaissés, il y a tout de même quelques erreurs criantes, même si comme l’a relevé aussi le coach rennais, les coups ont été joués avec une grande justesse par les Angevins.

L’interception vient après le mauvais contrôle du super-sub rennais, rarement à son avantage quand il est titularisé. L’équipe est alors loin d’être hors de position. Il y a trois Rennais pour quatre Angevins derrière la ballon. Apparemment, pas de quoi s’alarmer.

Utilisé comme piston droit dans le 5-3-2 de Stéphan, Traoré resserre logiquement vers Fulgini pour tenter l’interception. Dans sa volonté de contre-presser, il manque toutefois de justesse et commet la faute. Elle sera vite jouée par celui qui allait ouvrir le score, tandis que le Malien est à terre.

Fulgini joue pour Tioub sur la gauche. Traoré qui vient tout juste de se relever n’est plus là, mais Nyamsi s’écarte logiquement vers la droite pour compenser l’absence du Malien. Ce qui va créer le déséquilibre est la montée pleine de conviction de Vincent Manceau. Romain Del Castillo, qui se trouvait au niveau de Fulgini au moment du coup-franc et dans une position plus haute que le latéral au moment de la faute de Traoré, n’a absolument pas suivi. Une compensation non assurée par un joueur qui manque toutefois forcément de repères dans un système étrenné quatre jours plus tôt et alors qu’il a peu joué depuis deux mois.

Rennes est piégé. Martin hésite entre suivre Fulgini et venir aider Nyamsi qui fait face à Tioub, mais aussi à la montée de Manceau. Le milieu de terrain rennais décide d’aller aider son central pour éviter le deux contre un.

Nyamsi se fait prendre à contre-pied et Manceau va pouvoir centrer dans un certain confort, alors que Martin, qui se méfie aussi de Tioub, est trop loin. Dans l’axe, Rennes est encore en supériorité numérique, mais Fulgini a su se faire oublier.

Le centre est parfait, mais Da Silva ne voit pas Fulgini plonger dans son dos, tandis qu’Aguerd n’est pas assez prompt pour s’interposer. Rennes aurait pu être sauvé par une défense centrale plus lucide ou réactive, mais paie surtout une transition défensive où les défenseurs ont été abandonnés par le secteur offensif. On jouait la 4e minute.

2-0 dès la 14e minute

Sept minutes plus tard, Rennes va encore céder. La situation de départ est assez limpide. Hunou qui vient de frapper, réclame la main de Pavlovic, non sanctionnée par l’arbitre. Plus déstabilisant pour Rennes, Martin réclame aussi et perd un temps qu’il ne va jamais rattraper dans son repli.

Tioub trouve Fulgini. Martin n’a pu casser la ligne de passe, alors que Fulgini s’est déjà mis en mouvement vers le but rennais.

Tandis que le maître à jouer angevin envoie à Mohamed-Ali Cho la passe qu’il lui demande, Pierrick Capelle, à droite,  a lui commencé son effort. Maouassa n’est alors pas loin de celui qui provoquera le pénalty.

Pierrick Capelle se projette et Martin est déjà trop loin, alors que Maouassa se préoccupe davantage d’arriver en soutien d’Aguerd pour protéger son couloir, plutôt que de regarder vers l’axe. Le piston réagit en pur latéral.

Cho va alors réaliser un enchaînement de grande classe. Crochet de l’extérieur puis passe ras de terre dans le dos de Da Silva, pris de vitesse, qui commettra la faute. Sur pénalty, Fulgini doublera la mise et Rennes ne reviendra pas malgré une deuxième mi-temps à 88% de possession, dixit Stéphan.

Ces deux buts ont rappelé les errements rennais de l’automne. Alors que l’équipe joue plus haut que l’an dernier, et mise sur le contre-pressing pour asphyxier ses adversaires, elle ne peut se permettre ces trous d’air où la réactivité à la perte devient déficiente. Rennes devient alors trop vulnérable dans son dos, d’autant que l’équipe ne dispose pas de centraux particulièrement rapides pour rattraper le coup.

Thomas Goubin

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