26 juillet 2021

Foot Breizh

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Stade Rennais : un 4-2-3-1 emballant mais perfectible

FEP/Panoramic

Emballant face à l’Olympique Lyonnais, le 4-2-3-1 de Julien Stéphan a semblé moins rôdé contre Brest et inefficace contre l’actuel leader de Ligue 1, Lille. Avant le derby face à Lorient, analyse des points forts et des points faibles du nouveau système tactique du Stade Rennais.

Le triste 0-0 face aux Canaris de Raymond Domenech avait laissé une impression de « déjà-vu » en ce début d’année 2021. Sans grandes idées offensives, les Rouge et Noir s’étaient heurtés à un bloc bas compact. « Ça ronronne », « ça joue à la baballe », rien d’exaltant ce mercredi six janvier à la Beaujoire. Rien qui ne laissait présager un changement aussi soudain trois jours plus tard, face aux Gones de Rudi Garcia. Ce match (quasi référence si on oublie le dernier quart d’heure) a surtout vu un changement tactique majeur : le poste de sentinelle est supprimé au profit d’un meneur de jeu plus avancé, en soutien de l’attaquant de pointe. Un rôle qui sied à merveille à Clément Grenier, déjà très en vue au mois de décembre.

Ici, Eduardo Camavinga récupère le ballon et peut directement lancer Clément Grenier. Libre entre les lignes, il a tout l’espace derrière lui pour se retourner et amener le jeu vers l’avant.

Si les milieux relayeurs ont par le passé eu quelque fois des difficultés à se projeter, le positionnement plus haut de Clément Grenier apporte une solution proche de remise pour Martin Terrier. Bien servi par son attaquant, le milieu offensif ajuste sa frappe et marque le premier but.

Si ce positionnement est intéressant, des ajustements sont encore nécessaires comme le match perdu face au LOSC l’a mis en évidence.

Steven Nzonzi et Eduardo Camavinga, acculés par les Lillois à la ligne médiane, redescendent très bas pour aider Nayef Aguerd à la relance. Le Stade Rennais est « coupé » en deux. Jérémy Doku essaie de compenser l’absence de rennais au milieu de terrain mais n’a sans doute pas les mêmes consignes de « dézonage » que Benjamin Bourigeaud.

Le rôle de Benjamin Bourigeaud

Autre changement mais cette fois au niveau des titulaires par poste. Habitué cette saison a joué en milieu relayeur, Benjamin Bourigeaud est décalé sur le côté gauche, comme ailier. Un rôle offensif qui n’empêche pas l’ancien Lensois de retrouver le milieu de terrain pour soulager ses partenaires, notamment Clément Grenier.

Comme à son habitude, Rennes relance bas. Nayef Aguerd a la possibilité de passer à Eduardo Camavinga mais cela pourrait l’exposer à une perte de balle dangereuse tant le Stade Rennais est « coupé » en deux au milieu de terrain.

Benjamin Bourigeaud profite du pressing exercé par Tino Kadewere sur Nayef Aguerd et redescend pour éviter une infériorité numérique. Cinq joueurs lyonnais sont focalisés sur lui. En une touche de balle, il remet à Nayef Aguerd qui passe par le côté droit pour se sortir du pressing de Lyon. L’action amène la première frappe rennaise du match.

Grâce à son volume de jeu, Benjamin Bourigeaud est capable de faire « l’essuie-glace » sur le terrain. Présent défensivement, il apporte offensivement en « piquant » sur le côté gauche de la surface de réparation adverse.

Buteur contre Lyon, il réitère face à Brest pour le but de l’égalisation. Sa course appelle la passe de Martin Terrier qui élimine toute la défense brestoise.

Le regain de forme d’Eduardo Camavinga

Placé en doble pivote avec Steven Nzonzi, Eduardo Camavinga a retrouvé ses qualités défensives. Ici, il exécute un tacle parfait sur Lucas Paqueta.

En phase offensive, il n’a pas hésité à se placer plus haut. Ici, la passe de Steven Nzonzi va éliminer une ligne lyonnaise. Martin Terrier lance un appel alors que Jérémy Doku voit son couloir droit libre. Eduardo Camavinga aura l’espace pour se retourner et avancera jusque l’entrée de la surface pour frapper au ras du poteau.

Mais à l’image de toute l’équipe, les récupérations sont plus difficiles lorsqu’il ne défend pas en avançant. Sur cette séquence, le tacle est raté. Hamari Traoré ne parvient pas à intercepter le ballon et l’action se conclue par le premier but brestois.

Face à Lille, les actions défendues sans être dos au but ont été problématiques. Notamment à cause du pressing intense lillois.

Eduardo Camavinga et Adrien Truffert ne défendent pas en avançant. Araujo arrive à se défaire des deux joueurs et à passer le ballon à Jonathan David. Il remettra à Yazici, seul dans l’axe.

Des joueurs plus proches les uns des autres

Très proches les uns des autres, les rennais vont pouvoir effectuer une séquence à une touche de balle. Benjamin Bourigeaud laisse son couloir à Adrien Truffert pour apporter de la supériorité sur la ligne d’attaque. En pivot, Martin Terrier ouvre une passe pour Eduardo Camavinga. Seul le gardien Anthony Lopes stoppera l’action.

Même constat face à Brest. Particulièrement en début de match avec une grande intensité et une possession élevée des Rennais.

Touche brestoise près du poteau de corner du gardien Gaëtan Larsonneur. Sept Rennais sont présents autour de l’action. Seuls les deux défenseurs centraux et Adrien Truffert, posté latéral gauche ne sont pas dans la zone. Très hauts sur le terrain, une récupération ici permettrait de se projeter très vite devant le but brestois et de combiner rapidement avec de nombreux circuits de passes possibles.

Jérémy Doku, l’art d’attirer les regards

Sur le second but rennais face à Lyon, Jérémy Doku est encore une fois présent à l’avant dernière passe. Sa vivacité et sa qualité de dribble en font un danger permanent. Ainsi, il occupe les défenseurs lyonnais, trop éloignés de lui pour l’empêcher de servir Clément Grenier.

Même chose face à Brest où trois joueurs vont sur lui. Hamari Traoré est libre pour réceptionner le ballon, Eduardo Camavinga n’est pas marqué et a de l’espace devant lui. Privé de Benjamin Bourigeaud face à Lille, la solution n’a semblé possible que par l’aile droite. Puissant, le Belge a brillé par son apport défensif et par ses rushs.

Cerné par les Dogues, Jérémy Doku parvient à transpercer la défense lilloise et à centrer à l’intérieur de la surface de réparation. Le capitaine José Fonte dégagera le ballon.

Si la cohérence à tous les étages de Lille a annihilé les tentatives rennaises, la nouvelle tactique de Julien Stéphan donne satisfaction. La nécessité de se trouver plus rapidement et en une touche de balle est claire. Une fois acquise, cela permettra la fluidité et la verticalité qui quelque fois, manquent au Stade Rennais.

Mélanie Durot

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