5 mars 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Brest-Rennes : leçons d’un derby

Malgré la défaite, Brest a livré une prestation plutôt convaincante face à des Rennais à l’animation offensive en progrès. Sur le plan individuel, Romain Faivre a encore brillé.

Au-delà de la polémique sur le pénalty oublié à la 45e, quand Adrien Truffert plaquait Steve Mounié, le Stade Brestois peut surtout s’estimer lésé par son manque d’efficacité. Car, si les hommes de Dall’Oglio, en accord avec le virage tactique qui avait justement commencé à se dessiner lors du match aller au Roazhon Park, ont défendu plutôt bas et accepté une certaine domination rennaise, ils ont bien bénéficié des meilleures occasions. Brest se montre ainsi toujours aussi habile pour attaquer en nombre et faire de grandes différences sur les côtés. On pense notamment à ce cassage de reins de Romain Faivre sur Benjamin Bourigeaud, qui avait précédé une frappe au cœur de la surface du latéral Ronan-Pierre Gabriel contrée par .. Irvin Cardona. A l’image de cette action, Brest n’a clairement pas été en veine. Steve Mounié a même touché les montants par deux fois, même si sa première frappe repoussée par un poteau était réalisée dans un angle très fermé (28e). Le Béninois touchait ensuite la transversale à la 89e, une balle d’égalisation qui était dans ses cordes mais qu’il n’a pas su convertir.

Côté Rouge et Noir, la seule occasion dans le jeu survenue après l’égalisation de Bourigeaud était une frappe à l’entrée de la surface d’Eduardo Camavinga (64e). C’est finalement sur coup de pied arrêté, avec une tête de Nayef Aguerd consécutive à un corner (36e), que Rennes a été le plus proche de doubler la mise avant le pénalty de Grenier. Logiquement, Brest affiche une supériorité notable au rayon expected goals (1,95 xG pour Brest, contre 1,5 pour Rennes) surtout quand l’on sait que le pénalty transformé par Clément Grenier compte pour la moitié (0,76 exactement) dans le total rennais. Brest méritait mieux, mais la victoire rennaise est loin d’être un scandale.

La maîtrise rennaise

Parfois pris à revers par Brest, Rennes est toutefois parvenu à appliquer son plan de jeu. En misant à nouveau sur son 4-2-3-1 à l’expression collective remarquable face à Lyon, Julien Stéphan a sans doute trouvé la formule pour que son équipe trouve son rythme de croisière après une première partie de saison au calendrier éreintant et marquée par un mercato à la digestion lente. Avec Clément Grenier en milieu offensif axial, et un Bourigeaud à gauche, mais qui compense aussi les manques de l’ex-Lyonnais dans le repli défensif, Rennes a retrouvé un évident potentiel créatif. Le positionnement de Martin Terrier comme avant-centre à la grande liberté de mouvement contribue aussi à une circulation de balle plus variée, où on ne s’obstine pas à passer par les côtés. Les statistiques pourraient toutefois faire croire à une possession stérile (4 tirs cadrés, comme Brest), mais elles ne prennent pas en compte quelques remarquables mouvements sans conclusion comme celui de la 62e minute. A l’origine, un petit jeu en triangle dans l’entre-jeu entre Camavinga, Bourigeaud, et Doku, qui permettait à Grenier, trouvé dans l’axe, de décaler pour Traoré, dont le centre instantané était toutefois un brin trop puissant pour Martin Terrier.

Autre signal positif pour Rennes, ce sont ces éléments offensifs qui font à nouveau la différence depuis le début de l’année : deux buts en trois matches pour Grenier, deux réalisations pour Bourigeaud, et deux passes décisives pour Terrier. Seul Doku reste en retrait, mais le Belge a donné l’avant-dernière passe sur l’égalisation, comme il l’avait fait face à Lyon sur le but de Grenier. «Techniquement, ils sont très propres, intelligents dans le jeu, on l’a vu notamment au milieu de terrain, a loué Dall’Oglio, ça circule bien et on sent que c’est solide et qu’il y a aussi un très bon état d’esprit. Depuis qu’ils ont plus de fraîcheur physique, on avait observé cette progression. C’est une équipe qui peut prétendre à être dans les cinq premiers sans problème.» Dimanche, face à Lille, Stéphan devra toutefois faire sans Bourigeaud, mais il dispose d’une solution de rechange évidente avec Truffert, alors que Maouassa est à nouveau apte.

Faivre, toujours aussi emballant

Ce ne fut peut-être pas son meilleur match, mais son influence sur le rendement offensif des siens n’en a pas moins été primordial. Dès l’entame, c’est ainsi lui qui décale dans le couloir gauche, Romain Perraud, passeur décisif sur l’ouverture du score. Romain Faivre a toutefois surtout évolué à droite, où Adrien Truffert n’est pas apparu par hasard plus en retrait que d’habitude. Au-delà de sa conduite de balle déroutante, ses centres (67e pour Cardona, 87e pour Mounié) ont aussi semé une certaine panique dans la défense rennaise. Avec l’ex-Monégasque, Brest devrait réaliser la plus importante plus-value de son histoire, mais perdre un tel talent peut aussi coûter cher.

Thomas Goubin

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