21 juin 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Camavinga est de retour

FEP/Panoramic

Remplaçant depuis deux matchs, Eduardo Camavinga a récupéré une place de titulaire dans le cœur du jeu rennais. Face à l’Olympique Lyonnais (2-2), le jeune international Français a retrouvé quelques-unes de ses vertus, au point de réaliser sa meilleure performance de la saison dans certains secteurs.

Disparu des radars. C’est ainsi que l’on peut résumer les deux derniers mois d’Eduardo Camavinga. Peu influent dans le jeu, le numéro 10 rennais nous avait surpris par de nombreuses erreurs techniques. Des erreurs combinées à un manque d’initiative inquiétant au moment où les Rouge et Noir ronronnaient dans un jeu de possession stérile. Sans ses fulgurances, l’équipe n’avait pas le même visage. Pour la réception du leader lyonnais, Julien Stéphan a fait un choix : le faire jouer un cran plus bas et intégrer Clément Grenier dans la zone où il évolue habituellement. Un choix qui s’est avéré payant et qui a apporté plus de fluidité dans la construction des offensives rennaises.

Un milieu inédit

Face aux Gones, le coach breton a changé de tactique. Exit le 4-3-3, place au 4-2-3-1 avec l’ancien Lyonnais positionné plus haut, Benjamin Bourigeaud sur l’aile gauche, et Eduardo Camavinga placé à plat aux côtés de Steven Nzonzi, devant la défense. Après un contrôle raté d’entré de jeu, le joueur de 18 ans a peu à peu retrouvé l’aisance qu’on lui connait. Avec et sans ballon.

C’est dans l’aspect défensif qu’Eduardo Camavinga s’est d’abord signalé, notamment par les nombreuses pressions exercées. Il fallait étouffer le milieu de terrain lyonnais et le Rennais l’a bien compris. Avec 24 pressions sur l’adversaire dont 12 réussies (amenant une récupération de balle dans les 5 secondes suivant cette pression), il a été le joueur le plus efficace dans cet exercice. Ses récupérations hautes ont permis de lancer les attaques comme de soulager une défense peu inquiétée en première période. Avec 287 mètres gagnés par la passe, il a aussi contribué largement à perturber le bloc lyonnais, et signé sa meilleure performance de la saison dans ce domaine. «Cama» a aussi gagné des mètres balle aux pieds. On l’a ainsi vu partir dans de grandes chevauchées audacieuses, qui ont rappelé que ses initiatives font cruellement défaut à l’équipe quand il est en-dedans. Celui qui avait débuté sa saison en donnant une passe décisive face à Lille, avant d’inscrire un but face à Montpellier -ses deux seules actions offensives décisives de la saison- a aussi menacé Anthony Lopes par une frappe au ras du poteau (72e).

Satisfaisant mais peut encore mieux faire 

Actif comme à ses meilleurs jours, Eduardo Camavinga a aussi joué «juste» (94,5% de passes réussies). Avec 69 services délivrés au total, il a même été le meilleur rennais dans ce domaine, et livré sa prestation la plus exhaustive de la saison. Son total de passes le plus élevé remontait à la réception de Monaco (57). Une statistique qui met en valeur sa disponibilité retrouvée, avec cette capacité à se placer correctement entre les lignes pour offrir des solutions de passes simples à ses partenaires. «L’avoir resitué plus bas, face au jeu, ça l’a libéré» a aussi considéré Julien Stéphan. Un placement qui a contribué à une participation accrue au jeu. Derrière Steven Nzonzi et Hamari Traoré, Camavinga a ainsi été le troisième Rennais à toucher le plus de ballons (90). Rayon tacles, personne n’en a réalisé plus que lui (8), même si seulement trois ont amené une récupération. A son passif, il y a aussi ces cinq contrôles ratés, plus que tout autre joueur, et un seul dribble tenté. Des témoins d’une confiance pas encore totalement retrouvée malgré sa très bonne copie d’ensemble, à l’image de celle délivrée par ses coéquipiers pendant 75 minutes. Prometteur à l’aube de la deuxième moitié de saison.

Mélanie Durot (avec Thomas Goubin)

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