7 mai 2021

Foot Breizh

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Lorient-Rennes : leçons d’un derby

Rennes a surclassé Lorient, notamment grâce à un grand Jérémy Doku, et à leur efficacité. Le scénario du match a pris de court Christophe Pélissier.

Doku : match référence

Il est donc bien là le prodige annoncé lors de son arrivée au Stade Rennais. Déjà auteur d’une passe décisive face à l’OM, le Belge a récidivé. Deux derniers services qui permettent de bien saisir l’étendue de son registre. Après un long centre repris par Hamari Traoré mercredi dernier, il a cette fois été à l’origine d’un double une-deux tout en rupture avec Benjamin Bourigeaud. Doku a aussi réussi six de ses sept dribbles et a été la source de danger principale pour la défense lorientaise. Ainsi, sa pénétration à la 18e minute avait permis à Rennes de se créer sa première situation même si la frappe d’Adrien Hunou était contrée. Dans la minute suivante, son long centre pour l’avant-centre était parfait, mais Hunou manquait cette fois de réalisme. Tout au long de la rencontre, le Belge a mis au supplice Vincent Le Goff et même Jonathan Delaplace quand il est allé dribbler de son côté. A 18 ans, Doku est un joueur encore largement perfectible, mais il est en train de donner raison à un Julien Stéphan qui lui a fait enchaîner les titularisations malgré des prestations trop souvent décevantes en octobre et novembre. « Il a une meilleure compréhension de ce qu’on lui demande, estimait son entraîneur au terme de la rencontre, il a pris confiance en lui, ce n’est pas évident en arrivant d’un autre pays, d’un autre championnat« .

Le retour des défenseurs buteurs

Il y a décidément des constantes entre la victoire à Lorient et celle à domicile face à l’OM. Ainsi, comme mercredi dernier, c’est un défenseur qui a permis à Rennes d’ouvrir le score. Cette fois, Damien Silva, à l’affut sur un corner, a permis de bonifier le premier gros temps fort rennais. Si la passe en retrait de Steven Nzonzi était volontaire -on peut en douter- il s’agirait alors aussi de la récompense d’une combinaison astucieuse. Déjà auteur de trois buts, comme son compère de charnière, Nayef Aguerd, Da Silva a converti le premier tir cadré d’une équipe qui a aussi retrouvé son efficacité depuis qu’elle a quitté la Ligue des champions.

Chalobah a manqué

Avec la suspension d’Andreaw Gravillon, le retour de blessure de Julien Laporte, et un Thomas Fontaine indisponible, Christophe Pélissier a été contraint d’innover pour trouver un compère de charnière à Jérémy Morel. Son choix s’est porté sur Trevoh Chalobah, qui s’en est tiré honorablement, malgré la lourdeur de la défaite, mais l’impact de l’Anglais a clairement manqué au sein de l’un entre-jeu lorientais. Les présents n’ont pourtant pas démérité. L’entame de rencontre était même prometteuse avec un Fabien Lemoine qui s’est distingué par la qualité de ses transmissions, un Laurent Abergel qui répond toujours présent, tandis qu’Enzo Le Fée a confirmé un certain redressement, même s’il n’a pas retrouvé son rayonnement de la saison dernière et s’est peu à peu éteint. Reste  que quand Rennes est monté en régime, la présence de Trevoh Chalobah aurait sans doute été utile dans l’entre-jeu, et il n’est évidemment pas un défenseur central d’excellence.

Changements tardifs

Christophe Pélissier a vu son plan de jeu sabordé par le réalisme rennais. Il lamentait ainsi que ses joueurs aient pris si rapidement le deuxième but, alors qu’il avait programmé des changements qui se révèleront tardifs après coup. Le seul mouvement réalisé avant le break rennais avait ainsi été contraint. Il s’agissait de le sortie de Pierre-Yves Hamel, blessé, qui laissait sa place à Moffi. Alors que Lorient ne parvenait pas à créer le danger, on aurait notamment pu attendre plus tôt le retour de Quentin Boisgard, l’élément offensif lorientais le plus régulier depuis le début de saison, mais il n’est entré qu’à la 73e (à la place de Le Fée), en compagnie de Monconduit, qui remplaçait Lemoine. A la 80e, Marveaux et Grbic entraient, mais Lorient venait alors d’encaisser le troisième but. «On ne rencontrera pas tous les jours des adversaires du niveau de Rennes» se rassurait justement Pélissier au terme de la rencontre.

Thomas Goubin

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