20 avril 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Rennes-Marseille : on a revu le match

Rennes a-t-il vraiment perdu la bataille tactique avant de profiter de l’expulsion de Pape Gueye ? Terrier a—t-il fait un non-match ? Et quid de l’attitude des Rouge et Noir après le but d’Adrien Hunou ? A revoir le match on revoit aussi parfois ses jugements. 

A 11 contre 11, Rennes a-t-il perdu la bataille tactique ?

En direct, au stade, cette impression : en première période, Rennes avait perdu la bataille du milieu face à un bloc olympien sacrément bien organisé et aux projections vraiment tranchantes. Après une nouvelle vision de la rencontre, Rennes a bien été contrarié par la pression visiteuse, mais les hommes de Stéphan s’en sont toutefois extraits à plus d’une reprise pour se créer des situations favorables, à défaut de véritables occasions. Ainsi, dès la 3e minute, Hamari Traoré réalise une belle sortie de balle, relayée par Eduardo Camavinga, qui trouve Mbaye Niang dans la profondeur, accroché par Hiroki Sakai. A la 12e minute, c’est Jérémy Doku qui met en alerte la défense phocéenne après avoir gratté un ballon dans l’entre-jeu, mais sa passe approximative pour Niang est interceptée. Deux minutes plus tard, c’est cette fois Martin Terrier, après un deuxième ballon gagné par Clément Grenier, qui bute sur Sakai à l’entrée de la surface après avoir manqué son dribble (voir capture ci-dessous) .

Rennes avait certes alors déjà concédé deux occasions franches, mais elles avaient là aussi été favorisées par un manque de justesse technique. Ainsi, si Dimitri Payet tire admirablement le coup-franc repris de la tête par Leonardo Balerdi et sauvé sur sa ligne par Faitout Maouassa (9e), c’est aussi l’erreur d’appréciation de Romain Salin sur sa sortie qui ouvre grand ses buts à l’Argentin. Quatre minutes plus tard, c’est une transmission trop osée de Clément Grenier dans le cœur de l’entre-jeu, qui va permettre à Florian Thauvin d’offrir un caviar à Dario Benedetto. Sur le but phocéen, c’est toutefois un manque de vigilance, notamment d’Eduardo Camavinga, qui permet à Pape Gueye d’être trouvé seul à l’entrée de la surface, après le superbe travail préalable de Payet. Dans la colonne déchet technique, il faut aussi ajouter plusieurs mauvaises relances de Nayef Aguerd, pourtant normalement habile dans l’exercice, qui ont renforcé cette impression d’une équipe étouffée par la pression marseillaise. En deuxième période, Rennes ne sera d’ailleurs pas beaucoup plus juste (combien de centres sans destinataires?), mais disposait de davantage de latitude pour manoeuvrer, en supériorité numérique.

Martin Terrier a-t-il été à nouveau décevant ?

Quand il est sorti (73e), remplacé par Georgino Rutter, on s’est dit que la courbe de performance de l’ex-Lyonnais était décidément bien trop sinusoïdale depuis le début de saison. Le mieux laisse trop rapidement la place au moins bien, et inversement. Face à l’OM, Terrier n’a pas été transparent, il s’est même montré particulièrement disponible et a réalisé les efforts défensifs requis, mais ses débordements comme ses frappes ont manqué de caractère. Il a certes aussi été pénalisé par le manque de justesse de Jérémy Doku sur ses centres, mais quand il hérite d’un ballon dans la surface avec un certaine liberté (68e) on attend autre chose qu’une frappe écrasée de sa part. L’entrée percutante de Rutter a contrasté avec sa partition timorée.

Rennes a-t-il arrêté de jouer après avoir pris les devants ?

Bétonner ou s’éviter toute frayeur en balançant constitue un classique pour qui mène au score dans les derniers instants. Mais on est en droit d’attendre tout de même autre chose d’une équipe en supériorité numérique. Par exemple, d’aligner trois passes, ce qu’ont été incapables de faire Da Silva et consorts entre la 86e et la 94e et dernière minute. Romain Salin a alors constamment allongé le jeu et Rennes s’est montré incapable de trouver du temps et de l’espace pour conserver le ballon. Certes, la physionomie de la rencontre invitait aussi à jouer de manière plus directe avec des Marseillais qui partaient à l’abordage, mais les visiteurs n’ont jamais été mis hors de position. Un manque de maîtrise sans conséquence, mais avec la qualité de ses joueurs, Rennes doit être capable de se donner de l’air avec le ballon, et pas seulement en l’envoyant loin de ses buts. C’est aussi une question de confiance, qui revient peu à peu avec ces deux succès de rang.

Thomas Goubin

Laisser un commentaire