21 juin 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Stade Brestois 29 : un point qui récompense bien

FEP/Panoramic

Malgré un onze remanié, enchaînement des matches oblige, les hommes d’Olivier Dall’Oglio ont ramené un nul prometteur face à Lyon (2-2).

«Un match nul au goût de victoire». C’est par cette expression qu’Olivier Dall’Oglio a entamé sa conférence de presse d’après match, suite au match nul (2-2) arraché sur la pelouse du Groupama Stadium. Un avis qui sera sans doute partagé par la majorité des supporters brestois tant le scénario de cette fin de rencontre fut fou. Auteur d’une sortie dont il a le secret, Anthony Lopes était persuadé d’avoir assuré la victoire lyonnaise en stoppant le pénalty de Brendan Chardonnet à la 90e minute de jeu. C’était sans compter sur … la VAR. Pénalty à retirer, le portier lyonnais s’étant largement avancé, et transformé par Romain Faivre. Les quelques minutes de temps additionnels restantes n’y ont rien changé : le Stade Brestois 29, pourtant réduit à dix dès la 74e minute de jeu, a mis fin à la série de victoires lyonnaises et ramène donc un point dans le Finistère.

Cette fin de match exaltante ne doit toutefois pas occulter les autres grandes satisfactions à retirer de ce match pour Brest riche en évolutions et changements : passage en 4-3-3, mise en place d’un nouveau milieu, essai d’une nouvelle charnière centrale et décision de reposer l’indispensable Romain Perraud. Des choix audacieux, motivés par une logique de gestion de groupe, qui ont soulevé des inquiétudes lors de la parution des compositions d’équipe. Mais 90 minutes plus tard, presque tous ces choix se sont révélés payants et laissent apparaître un horizon clair pour les Ty Zefs.

Des « intérimaires » de luxe

Le choix qui pouvait générer le plus de scepticisme était assurément la titularisation de Ludovic Baal, en lieu et place de Romain Perraud. Peu convaincant lors de sa dernière sortie (à Nantes, sur le flanc droit), le vétéran apportait peu de garanties physiques eu égard à son faible temps de jeu. Il a pourtant été un, si ce n’est le, meilleur joueur brestois en première période. Son bon placement, son expérience et sa capacité à ne jamais en faire trop ont été précieux face à une attaque lyonnaise créative mais finalement assez peu efficace. Il faut également pointer son rôle primordial dans la construction du bloc, avec beaucoup de prise de parole et d’initiative. C’est donc une bonne surprise pour Brest : Romain Perraud semble avoir une doublure parfaitement à même d’assurer l’intérim, dans un registre plus défensif.

Pour ce qui est d’intérim, Romain Philippoteaux a également marqué des points. Malgré beaucoup de déchet et un manque de rythme, l’ancien Nîmois a su apporter sa hargne et son culot tout au long du match. S’il provoque l’ouverture du score, c’est essentiellement par ses efforts défensifs et sans ballon que l’ailier s’est montré à la hauteur. S’il ne peut sans doute prétendre à une place de titulaire aujourd’hui, il a montré qu’il pouvait être le premier joueur offensif à faire rentrer en cas de besoin.

Christophe Hérelle : le début de sa saison ?

L’autre bonne nouvelle de la soirée se situe en charnière centrale, avec la très solide association Brendan Chardonnet / Christophe Hérelle. L’ex-Niçois a enfin délivré une performance taille patron et surtout une performance enfin complète, sans erreur fatale. Plus encore, il a montré une belle entente avec le désormais indéboulonnable Brendan Chardonnet. Suffisant pour remplacer le capitaine Jean-Kevin Duverne ? Aligné dans le couloir droit, ce dernier a une nouvelle fois délivré une performance très moyenne – concédant bêtement un pénalty à la 65e minute de jeu et n’arrivant pas à se remettre dans le match par la suite. A cet égard, il est peut-être le grand perdant de cette virée lyonnaise.

Ce retour en force de Christophe Hérelle vient s’ajouter au retour en forme confirmé de deux joueurs : Gautier Larsonneur et Paul Lasne. Performant depuis quatre journées, le portier breton a réalisé pas moins de neuf arrêts face aux Gones. Si son jeu au pied a souvent mis son équipe en difficulté, il a retrouvé son meilleur niveau et ce match en est une nouvelle preuve. Quant à Paul Lasne, il a réalisé son meilleur match de la saison jusqu’à son expulsion logique (74e minute, tacle trop appuyé). Rassuré et rassurant dans ce milieu à trois, l’ancien Montpelliérain a montré un véritable leadership dans son utilisation du ballon et dans la gestion des espaces. Si son carton rouge est amplement mérité, il ne doit pas occulter son excellente performance. Et comme ODO fait tourner pour tenir la cadence de matches disputés tous les trois jours, Lasne aurait de toute façon peut-être été laissé au repos dimanche, face à son ancien club.

Des ressources mentales et tactiques insoupçonnées

Depuis le début de saison, les Ty Zefs n’avaient pas réussi à prendre un seul point après avoir été mené. C’est désormais chose faite, et de quelle manière ! Alors que l’on pouvait craindre un écroulement après les tragiques dix minutes ayant vu Lyon marquer par deux fois et Paul Lasne être expulsé, c’est tout l’inverse qui s’est passé. Bien qu’en infériorité numérique, Brest a poussé Lyon dans ses derniers retranchements sur la fin de partie, appliquant un pressing haut et intense. Une attitude conquérante et ambitieuse symbolisée par Brendan Chardonnet, osant aller frapper le (premier) pénalty dans le temps additionnel. S’il n’a pas tenté une panenka, comme il en avait l’habitude lorsqu’il évoluait avec les équipes jeunes, il a assumé un rôle de véritable patron sur cette action mais aussi tout du long de la partie. Surtout, ce n’est pas le seul à avoir pris ses responsabilités. Nous avons déjà cité Ludovic Baal et Paul Lasne, il faut également évoquer Gaëtan Charbonnier. Cantonné au rôle ingrat de seule pointe, le numéro 10 a impressionné par son implication et son abattage sur le terrain. Au service du collectif, il a fait parler sa vision du jeu et ses qualités techniques essentiellement pour alléger la pression lyonnaise.

Une pression qui a eu énormément de mal à dépasser le compact bloc brestois, et tout particulièrement la ligne défensive. Si Hianga M’Bock et Franck Honorat ont pu être en difficulté individuellement, leur articulation collective avec les trois autres milieux (Paul Lasne, Cristian Battocchio et Romain Philippoteaux) a fait des merveilles pour contenir les offensives lyonnaises loin du but de Gautier Larsonneur. Un quintet qui a également su se montrer très intéressant sur les quelques séquences de possession de balle, surtout en fin de match – bien aidé par la rentrée d’un Romain Faivre toujours aussi à l’aise avec le ballon. C’est donc un milieu de terrain complet qui s’est exprimé au Groupama Stadium, capable de défendre comme d’attaquer, de contrôler l’adversaire comme le ballon, d’accélérer comme de ralentir le jeu. S’il reste probable que le 4-4-2 utilisé ses dernières semaines fasse son retour dès dimanche, ce 4-3-3 pourrait rester comme une alternative crédible dans les semaines à venir – notamment lorsque l’objectif sera de bloquer l’axe. Surtout, l’effectif brestois paraît suffisamment complet pour évoluer dans ces deux systèmes, notamment au milieu de terrain. Ce dimanche, face à Montpellier, Paul Lasne sera suspendu. Qui sera aligné aux côtés d’Haris Belkebla, de retour de suspension ? Dans quelle configuration ? Après une telle performance collective des milieux de terrain, c’est un problème de riche qui se pose à Olivier Dall’Oglio.

Yann (BrestOnAir)

Laisser un commentaire