9 mars 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Rennes stagne en Alsace

Pourtant à 11 contre 10 toute la seconde période, les Rennais ne ramènent pas plus d’un point de la Meinau. Les Bretons enchaînent un cinquième match sans victoire et concluent un mois de novembre, bien en-deçà des attentes.

Face au 19ème et à la pire défense de Ligue 1, le Stade Rennais avait une occasion en or de se relancer vendredi soir à Strasbourg. En alignant son 4-3-3 avec son milieu type Nzonzi-Bourigeaud-Camavinga, Julien Stéphan annonçait par sa composition son intention de rentrer avec les trois points en Bretagne. Après avoir été éloigné des terrains pendant deux mois et demi, le retour de Faitout Maouassa comme latéral gauche dynamisait d’ailleurs l’équipe d’entrée de jeu : percussion, vitesse et tentative de frappe (7e) étaient au rendez-vous. Habitué à jouer avec Flavien Tait devant lui avant sa blessure, il n’était pas surprenant de voir ce dernier titularisé ailier gauche. Si les deux joueurs combinaient plutôt bien avec un jeu de remise en une touche de balle le long de la ligne (8e), l’espoir de les voir fonctionner ainsi pendant 90 minutes allait vite s’évaporer. Après une longue chevauchée de Maouassa et une sortie de but, Mohamed Simakan allait retomber sur sa cheville et le faire souffrir (9e). Grosse frayeur dans le camp rennais mais le latéral allait quand même tenir son rang. Avec beaucoup moins d’explosivité…

Secoués, inquiets les Rennais ? Le Racing aura en tout cas sa plus longue phase de possession par la suite (11e). Sans idées, le collectif lâchait le cadrage des porteurs de balles et dégageait tant bien que mal les tentatives d’incursions strasbourgeoises. Les pertes de balles se multipliaient au milieu de terrain alors que les actions offensives rennaises n’aboutissaient pas. Déjà tireur à la 21ème mais signalé hors-jeu, Adrien Thomasson ne ratait pas le coche à la 25ème minute. Steven Nzonzi déviait une frappe d’Habib Diallo qui trouvait Kenny Lala, complètement seul sur la gauche de la défense. Le latéral droit n’avait plus qu’à centrer pour l’ancien Nantais. Trop statique, la défense restait spectatrice et subissait un but pour la 11ème fois consécutive, toutes compétitions confondues. Le salut passerait-il encore une fois par les coups de pied arrêtés ? Une tête de Nzonzi (36e) conduirait au moins  le portier strasbourgeois a signé sa première intervention du match. Le salut des Rouge et Noir allait finalement passer par une erreur du défenseur Mitrovic, expulsé à la 39e. Après une longue relance au pied (réussie) d’Alfred Gomis, Nzonzi déviait de la tête pour Serhou Guirassy qui était taclé de façon illicite par le dernier défenseur. Une intervention trop musclée qui allait provoquer la blessure de l’attaquant rennais, remplacé par Adrien Hunou lors de la dernière minute avant la pause.

Les stats inquiétantes de Camavinga

Au retour des vestiaires,  Julien Stéphan manifestait son désir d’une réaction de ses joueurs en réalisant pas moins de trois changements ! Préférant probablement préserver Faitout Maouassa, le coach le remplaçait par Adrien Truffert. Flavien Tait, en difficulté malgré ses 100% de passes réussies et une incursion suivie d’une bonne passe en profondeur (18e), n’avait pas assez pesé et laissait sa place à Yann Gboho. Même constat pour Eduardo Camavinga qui statistiquement, était le joueur dont les passes réussies ont le moins parcourus de mètres vers l’avant, attaquants exceptés, pour des raisons évidentes. Pas de passe clé non plus, pas même un service qui permet de gagner plus de dix mètres, et seulement deux passes dans le dernier tiers du terrain. Des statistiques qui soulignent bien ses difficultés à revenir après trois semaines d’absence (entre les réceptions d’Angers et de Bordeaux).

James Léa-Siliki prenait sa place dans le cœur du jeu et allait se montrer à son avantage. Le milieu de terrain ferait globalement meilleure figure, aidé par l’absence de Mitrovic mais aussi par une défense qui jouait bien plus haut. Damien Da Silva, discret en première période, prenait ses responsabilités en se projetant plus régulièrement vers l’avant (45e, 58e). Malgré le bloc bas strasbourgeois, les Rennais tentaient de trouver des solutions dans la surface de réparation mais manquaient bien souvent de justesse. Le centre de Bourigeaud (46e) pour Hamari Traoré était trop fort quand l’association du latéral droit avec Jérémy Doku semblait encore bien trop juste (55e).

Niang a tout tenté

Entre Truffert et Gboho l’entente était, en revanche, assez évidente. Les deux jeunes issus du centre de formation provoquaient avec tranchant sur leur côté gauche (52e, 55e). Cela aurait même pu faire mouche à la 58ème, quand la reprise du jeune international Français serait contrée pour arriver dans les pieds de Yann Gboho qui armait une frappe. Cadrée mais arrêtée. Il ne faudrait attendre que deux minutes pour voir le match se décanter. A la suite d’une très belle ouverture de Léa-Siliki, Truffert allai remettre le ballon face au but. A l’affût derrière Benjamin Bourigeaud et après un rebond, Adrien Hunou enverrait une tête placée au fond des filets de Kawashima (60e) pour la réduction du score ! Les remplaçants Rennais avaient fait plus que du bien au collectif, à l’image de ce but ou de la belle frappe de Léa-Siliki qui aurait mérité un meilleur sort (63e). Pour tenter de faire céder Strasbourg une deuxième fois, Julien Stéphan effectuerait son dernier changement : le défenseur Gerzino Nyamsi laissait sa place à l’attaquant Mbaye Niang. Présent dans la surface (72e, 74e,77e, 82e), le Sénégalais comme ses coéquipiers poussait devant le but adverse mais le bloc Strasbourgeois tenait.

Quand ce n’est pas le gardien qui arrêtait les frappes, quand ce ne sont pas les défenseurs qui dégageaient comme ils peuvent, c’est le poteau qui venait contrarier Adrien Hunou (83e) et les Rennais. Pour la 12ème fois de la saison ! Assiégé, Strasbourg tenait à 10 contre 11. Un nul qui aura un goût de victoire en Alsace alors que Rennes réalisait une très mauvaise opération, tout en perdant deux joueurs sur blessure. Rien de rassurant avant un déplacement ô combien important à Krasnodar mercredi, déterminant pour poursuivre l’aventure européenne en Europa League. 

Mélanie Durot

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