7 mai 2021

Foot Breizh

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Ligue des champions : Rennes digne face à l’injustice

Chelsea v Rennes - UEFA Champions League - Group E - Stamford Bridge Rennes Estevao Dalbert right handles a shot by Chelsea s Tammy Abraham resulting in a penalty and a second yellow card during the UEFA Champions League Group E match at Stamford Bridge, London. Editorial use only, no commercial use without prior consent from rights holder. PUBLICATIONxINxGERxSUIxAUTxONLY Copyright: xDylanxMartinezx 56457632

Plombé par un arbitrage douteux, le Stade Rennais a chuté lourdement face à Chelsea (0-3), en offrant pourtant une prestation aussi digne que rassurante.

Ce mercredi soir à Stamford Bridge dont Rennes se rappellera sans doute longtemps avec amertume, le club breton a été cet employé opiniâtre qui se voit sucrer sa promotion par l’ami du patron, ou cette petite société émergente coulée par la concurrence déloyale d’un géant de son secteur, avec la bénédiction des autorités. Le SRFC a expérimenté l’injustice, que la VAR devait effacer des pelouses selon ses promoteurs, comme si l’avènement de la vidéo pouvait aplanir les rapports de force entre puissants et misérables. Détenu par le milliardaire François Pinault, le propriétaire de club le plus riche d’Europe selon le magazine Forbes, le Stade Rennais n’en est pas moins un nain en Europe. Et il est difficile de penser que le statut bien plus huppé de son adversaire n’a pas pesé ce soir dans les décisions du corps arbitral, consciemment ou inconsciemment. Quoiqu’il en soit, pour les supporters rennais, le sifflet allemand, Felix Zwayer, sera quelque chose comme ce qu’était M. Van Langenhove pour les Marseillais, ou Nestor Pitana pour les Croates. L’homme qui a réduit à néant les efforts de leurs protégés, un soir où ils s’étaient donner le droit de rêver à un exploit. Ce qu’un match nul aurait déjà été.

Contrôle du jeu

Car si Rennes est indigné, ce n’est pas seulement en réaction à cette décision difficilement compréhensible de siffler un pénalty (transformé par Werner) et de donner un deuxième carton jaune à Dalbert pour un ballon qui avait rebondi sur la jambe du Brésilien avant de toucher sa main gauche,  mais surtout parce que l’arbitraire de M. Zwayer a plombé une soirée prometteuse. Les hommes de Julien Stéphan étaient même sans doute en train de rendre leur meilleure copie de la saison. Loin de leur non-match à Séville, les Rennais ont cette fois su mettre le pied sur le ballon, au point de dominer les statistiques de possession (53% contre 47%) même après une mi-temps jouée à dix. Les Rouge et Noir osaient et parvenaient à se retourner face à la pression anglaise, bien moins oppressante, il est vrai, que l’andalouse. Jusqu’à la fatidique 41e minute, Rennes faisait même jeu égal, même si les Bretons étaient menés depuis la 10e minute. C’était déjà sur pénalty que Werner avait ouvert le score, après une faute, cette fois indiscutable, du maladroit Dalbert. Loin de se résigner, le novice en Ligue des champions s’était même trouvé tout proche d’égaliser, suite à un coup-franc de Bourigeaud prêt d’être rabattu dans les filets d’Edouard Mendy par Da Silva (33e).

Passée la déception, il y aura finalement beaucoup de positif à tirer de cette troisième rencontre en Ligue des champions de l’histoire du club pour laquelle Julien Stéphan avait opté pour un onze ambitieux. Après avoir brouillé les pistes lors de l’avant-match, le technicien avait notamment décidé de miser sur le percutant Yann Gboho plutôt que sur le trop souvent neutre Romain del Castillo, mais aussi sur James Léa-Siliki, pour donner davantage d’impact à son entre-jeu, et accompagner Benjamin Bourigeaud, excellent, et Steven Nzonzi, rassurant. En première période, le natif de Sarcelles n’était d’ailleurs pas loin d’être le meilleur élément breton, habile pour jouer sous pression, orienter au large, et capable de quelques percussions. Mais victime collatérale de l’expulsion de Dalbert, il était remplacé au repos par Adrien Truffert, qui a lui aussi convaincu en montrant pendant 45 minutes que son culot était exportable en Ligue des champions. Rennes jouait libéré, sans complexe, et malgré le troisième but inscrit par Abraham (50e) et l’infériorité numérique, a livré une deuxième période digne. Un revers de cet ampleur (3-0) aurait sans doute décourager les Rennais s’ils avaient livré une copie semblable à celle rendue la semaine dernière en Andalousie, mais cette défaite est finalement plutôt prometteuse pour la suite. On jurerait même qu’elle pourrait bien sonner le véritable départ de la campagne européenne du SRFC, et peut-être un tournant dans sa saison. Le sentiment d’injustice peut alimenter le vent de la révolte.

Thomas Goubin

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