7 mai 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Ligue des champions : le Stade Rennais a fait le point

Rennes a entamé honorablement son histoire en Ligue des champions, mais a aussi mesuré l’ampleur de la tâche qui l’attend.

C’est un décor prestigieux, qui faisait briller des étoiles dans les yeux des joueurs rennais au moment où il rentrait sur la pelouse, mais les Rouge et Noir ont rapidement saisi que la Ligue des champions est surtout un univers impitoyable une fois le coup d’envoi donné. Car Krasnodar, n’est pas Chelsea ou Séville, mais c’est une équipe habituée à l’Europe depuis 2014, sacrément bien organisée, et dotée de ce qu’il faut d’instinct de survie pour avoir joué son meilleur football après l’ouverture du score de Serhou Guirassy (56e). Sur pénalty, l’ex-Amiénois avait profité d’une belle percée de Martin Terrier interrompue de manière illicite par Egor Sorokin, pour inscrire le premier but du Stade Rennais en Ligue des champions. De quoi faire exploser les 5000 enthousiastes du Roazhon Park, avant que l’international équatorien, Cristian Ramirez, ne les douche d’une superbe frappe du gauche des 20 mètres qui surprenait Alfred Gomis, qui s’étrennait en Rouge et Noir.

Face à ces coriaces visiteurs, Rennes n’a même pas été loin de craquer (74e, 76e), avant de se rebeller dans un dernier quart d’heure où Adrien Hunou puis Serhou Guirassy ont eu la balle de match. Bien servi par Doku, entré en jeu à la 62e à la place de Romain Del Castillo, l’attaquant formé au club n’a pas assez bien placé sa frappe (90e). Ce n’était que le début du « Stéphan time » au bout duquel Serhou Guirassy n’a pas été loin de doubler la mise, avec un Doku encore à l’origine. Le centre du jeune Belge était remis de la tête par Terrier mais l’ex-Amiénois ne parvenait pas à rabattre le ballon dans le cadre. C’aurait été une conclusion idéale d’une semaine historique pour le club, mais ce résultat nul est finalement assez logique.

Efficacité déficiente

Car si la domination a été rennaise (62% de possession), la première grosse opportunité avait été pour les visiteurs, quand Marcus Berg reprenait un centre d’Igor Smolnikov, arrivé libre dans la surface (32e). Da Silva jouait alors les sauveurs en se jetant. Côté rennais, c’est Camavinga qui se chargeait de porter le danger, par une percée conclue d’un centre pour Bourigeaud dont la tête n’était pas assez puissante pour inquiéter Matvei Safonov (4e), ou par des frappes à l’entrée de la surface (25e, 33e), où le surdoué était parvenu à apparaître libre de tout marquage. En deuxième période, la colonne occasions des Bretons serait bien plus fournie, ce qui faisait dire à Julien Stéphan et Benjamin Bourigeaud que le match s’était joué sur « l’efficacité ». « On a plusieurs occasions pour l’emporter et on est aussi tombé sur un très bon gardien, qui a sans doute été l’homme du match, estimait le coach, il nous a manqué de l’efficacité, cette capacité à profiter de nos temps forts. Eux n’ont pas eu grand chose mais ça leur a suffi ». « Au niveau intensité c’était dur, mais on s’est bien adapté, considérait, pour sa part, le milieu de terrain, on a essayé de jouer de façon décomplexée, mais le haut niveau ça se joue sur l’efficacité, et aujourd’hui on a appris de ça. » L’euphorie qui avait précédé cette première dans la plus prestigieuse des compétitions, mais aussi la très belle entame de Ligue 1 du Stade Rennais, avaient peut-être presque fait oublier la montagne qu’est la Ligue des Champions.

Le joueur du match : Martin Terrier

On aurait pu choisir Camavinga, tant l’international français a rayonné, mais on est assez resté sur notre faim depuis le début de saison devant les prestations de Martin Terrier, pour ne pas saluer sa prestation, qui venait confirmer le mieux entrevu face à Dijon. Sa percée qui a conduit au pénalty a ainsi bien reflété sa confiance retrouvée. Par sa vitesse, mais aussi par sa conduite de balle entre les lignes, l’ex-Strasbourgeois a perturbé une arrière-garde difficile à bouger. Il commence à ressembler au joueur qui doit bonifier l’attaque rennaise.

Thomas Goubin

Laisser un commentaire