7 mai 2021

Foot Breizh

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Laspalles : «Rennes me fait penser au Nantes que j’ai connu»

Nicolas Laspalles était de la dernière Ligue des champions disputée par une équipe bretonne. C’était en 2001-2002, quand Nantes avait défié le Bayern Munich et Manchester United. L’actuel entraîneur du Lamballe FC, qui voit bien Rennes sortir de sa poule, se souvient d’une campagne débutée un 11 septembre 2001 …

Comment évaluez-vous les chances du Stade Rennais ?
Ils rencontrent des équipes qui ont l’habitude de la Ligue des champions, mais pour moi ils ont toutes leurs chances. Rennes est une équipe bien organisée, avec des joueurs de talent. On sent une équipe qui sait où elle veut aller, qui est guidée intelligemment par Julien Stéphan. En fait, ils me font penser au Nantes où j’ai évolué. Sur le terrain, on sent que les joueurs savent exactement ce qu’ils ont à faire. Ils ont aussi des joueurs formés au centre et de bons éléments venus de l’extérieur.

En 2001-2002, Nantes avait eu du mal à digérer l’enchaînement championnat-Ligue des champions. En quoi est-ce si difficile ?
C’est très fort émotionnellement. La Ligue des champions, c’est magnifique, quand vous entendez l’hymne c’est un accomplissement pour un joueur professionnel, mais c’est aussi usant. Vous jouez tous les trois jours, contre des joueurs qui ont le niveau international, mais c’est aussi un nouvel environnement, avec davantage de médias, d’attentions, et repartir en championnat devient plus difficile.

Vous dîtes que bous étiez davantage regardés. Personnellement, avez-vous reçu des offres suite à cette campagne de Ligue des champions ?
Oui. Enfin, il y a eu des clubs étrangers intéressés, même si ce n’étaient pas des grands clubs. Mais moi je me plaisais à Nantes, il y avait un super état d’esprit, et je n’avais aucune envie de partir.

Quel souvenir gardez-vous de votre premier match de Ligue des champions, face au PSV Eindhoven (4-1) ?
C’était particulier, car c’était le 11 septembre 2001. Je crois d’ailleurs me souvenir que le PSV n’était pas très chaud pour jouer. Quoiqu’il en soit, Raynald Denoueix avait minutieusement préparé le match, comme d’habitude. Je me souviens qu’il nous avait dit que le PSV jouait très haut et que si on jouait simple en appuis-remises, puis dans la profondeur, on aurait des espaces à exploiter dans leur dos. Et c’est exactement ce qu’on a fait.

Lors de la deuxième phase de poules, vous affrontez deux gros morceaux, le Bayern Munich et Manchester United. Quel souvenir en gardez-vous ?
Contre le Bayern de Lizarazu, avec qui j’avais échangé mon maillot, je me rappelle qu’on avait fait un bon match à la maison (0-1), mais c’était une équipe d’internationaux, qui a su être réaliste. Face à Manchester, on avait bien joué à la maison, mais à Old Trafford (5-1) c’était alors très compliqué de voyager. Ils nous avaient fait très mal sur coups de pieds arrêtés.

A mi-saison, Raynald Denoueix est remplacé par Angel Marcos. En quoi abordaient-ils les matches différemment ?

Avec Raynald, c’était toujours très minutieux dans l’analyse de l’adversaire, des détails. C’était comme si il nous donnait une partition qu’on n’avait plus qu’à interpréter. Il nous préparait dans le calme, la sérénité, alors qu’Angel Marcos était plus rentre-dedans, même s’il nous préparait aussi bien tactiquement.

Le FC Nantes n’a pas retrouvé la Ligue des champions depuis. Pouviez-vous imaginer cela ?
En fait, il y a eu beaucoup de changements dans ce club, avec la Socpresse, puis l’arrivée de Waldemar Kita. Mais le foot français a aussi beaucoup changé. Ces dernières années, le PSG et Lyon se qualifiaient presque toujours pour la Ligue des champions, et il y avait aussi Lille de temps en temps. Aujourd’hui, on voit Rennes arriver, mais ce n’est pas surprenant, car c’est un club qui travaille dans la continuité, qui a une ligne directrice. Cette Ligue des champions c’est la récompense d’un travail à long terme.

Si les conditions sanitaires permettent l’accueil du public, pensez-vous aller au Roazhon Park ?
Si j’ai l’opportunité, j’irai. Il y a deux ans, j’avais assisté au match face au Betis, et l’an dernier, face à la Lazio. Comme entraîneur, on apprend en regardant ce genre de matches.

Justement, vous êtes désormais entraîneur du Lamballe FC. Comment cela se passe pour vous ?
Ca fait deux saison que j’y suis, et je m’y épanouis. Cette saison, on a bien débuté. On a passé trois tours de Coupe de France, et dimanche on joue le FC Lié Plouguesnat (R3). En championnat, on a débuté avec deux victoires. C’était dans la douleur mais comme on avait manqué nos débuts les dernières saisons, c’est prometteur.

Un dernier mot sur Guingamp, un club qui vous est cher. Quel regard portez-vous sur son quotidien agité ?
Je suis un enfant du club, un pur guingampais. Une nouvelle direction est arrivée, composée de gens qui sont au club depuis longtemps, et ce que je souhaite c’est que le club retrouve du calme, de la stabilité, qu’on travaille avec discrétion et humilité. C’est l’identité du club. Pour moi, Guingamp a sa place en Ligue 1, mais il est important de laisser du temps aux gens qui travaillent.

Propos recueillis par Thomas Goubin

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