21 juin 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Guirassy/Niang : Rennes gagne-t-il au change ?

Auteur d’un doublé dès sa première titularisation, Serhou Guirassy a encore frappé à Saint-Etienne. Mais a-t-il vraiment les épaules pour remplacer le meilleur numéro neuf Rouge et Noir depuis Gyan Asamoah ? Réponse en chiffres. 

Meilleur buteur du club la saison passée, Mbaye Niang ne devrait pas s’éterniser en Bretagne. Après avoir déclaré haut et fort son envie de rejoindre l’Olympique de Marseille au terme de la saison dernière, le Sénégalais, titularisé lors de la première journée de Ligue 1, n’a plus porté le maillot Rouge et Noir depuis. En attendant le dénouement sur son proche avenir, Serhou Guirassy, fraîchement arrivé d’Amiens, a commencé à s’imposer sur le front de l’attaque. Rennes y gagne t-il au change ? Pour mieux l’évaluer, retour en chiffres sur la saison 2019-2020 des deux attaquants, entre similitudes et différences. 

L’efficacité face au but

Pour comparer les statistiques de Mbaye Niang et de Serhou Guirassy devant le but, nous n’utiliserons que les données en Ligue 1 de la saison dernière. Avec 10 buts au compteur, l’international sénégalais domine d’une réalisation son cadet, mais il a disputé 2126 minutes, soit 205 de plus que Serhou Guirassy. La moyenne de but/match de Niang se révèle donc légèrement inférieure alors qu’il a davantage eu l’occasion de frapper au but (65 tirs dont 27 cadrés, contre 42 pour 16). Pour autant, si l’on s’intéresse au pourcentage de conversion des tirs en buts, les taux sont quasi similaires : 15% des tirs cadrés terminent leurs courses au fond des filets pour Niang, 14% pour Guirassy. Tous les deux droitiers, ils ont inscrit six buts sur leur bon pied, mais ont aussi trouvé l’ouverture du gauche : trois fois pour Niang, deux pour Guirassy. Dans les airs, les deux se montrent à l’aise, mais n’ont toutefois curieusement marqué qu’un but chacun de la tête.

L’intégration dans le collectif

Alors que leurs chiffres dans la finition sont finalement assez semblables, les différences sont plus marquées quand on se penche sur leur manière de s’associer à leurs partenaires et sur leur zones d’influence. Alors que la puissance physique des deux hommes est un atout indéniable pour peser sur les défenses adverses, Guirassy remporte davantage de duels aériens (46,2%) que Niang (42%). Il en est de même sur les duels joués au sol. Le néo-Rennais était souhaité par Julien Stéphan notamment pour cette solidité sur ses appuis et les chiffres lui donnent raison. L’ex-Amiénois a réussi 226 passes sous pression adverse, contre 153 pour l’ex-rossonero.

S’il est précieux comme point de fixation, Serhou Guirassy possède parallèlement un bon jeu de passes et de conservation du ballon. Là aussi, Mbaye Niang est légèrement en-dessous avec 70,7 % de passes réussies sur 501 contre 73,2 % sur 622 pour son homologue . Sur la précision des passes longues, la différence est même de neuf points en faveur de l’ex-attaquant de Cologne. Guirassy est tout simplement davantage impliqué dans l’élaboration des offensives, comme le met en évidence les Heatmap des deux joueurs. Le natif d’Arles redescend plus bas sur le terrain que ne le faisait Niang, avec une présence importante au niveau de la ligne médiane. Ainsi, il participe fréquemment à la construction des transitions rapides vers l’avant. Son premier but à Nîmes en est le parfait exemple, où il s’est trouvé au départ de l’action et à la finition.

 

Des connexions à trouver

Bien évidemment, la plus grande difficulté pour Guirassy va être de mettre au point des circuits de passes fluides et rapides avec ses nouveaux partenaires, même s’il a déjà trouvé d’évidents repères. La saison dernière, Mbaye Niang était, lui, facilement trouvé par ses latéraux et ses ailiers. Quand ils débordaient, Raphinha, Del Castillo, ou Tait, avaient comme option préférentielle la passe en retrait pour un Niang finisseur, généralement placé au centre de la surface de réparation. Difficiles à défendre, ces actions pouvaient rapporter des gros points.

Cet aspect du jeu est encore à perfectionner pour Guirassy, ce que n’a pas manqué de remarquer Julien Stéphan en conférence de presse, lors de la présentation du joueur : «Il va juste falloir qu’il aille un peu plus dans la surface de réparation, travailler ses déplacements». Mais l’ex-Amiénois apprend vite. A Nîmes, il s’est ainsi parfaitement positionné dans la surface pour reprendre un service en retrait de Flavien Tait. Et à Saint-Etienne, c’est d »un superbe ciseau qu’il a bonifié le «caviar» de Del Castillo en parvenant à se faire oublier par la défense centrale adverse.

Salué pour son «remarquable professionnalisme», sa capacité à déjà bien s’intégrer dans le groupe comme dans le dispositif du coach font de Serhou Guirassy une recrue prometteuse. Une bonne pioche qui pourrait nous faire vite oublier Mbaye Niang, malgré ses 23 buts en deux saisons de Ligue 1.

Mélanie Durot