9 mars 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Buts sur CPA, possession en hausse : les tendances du début de saison rennais

Après avoir perdu plusieurs joueurs importants lors des deux derniers mercatos estivaux, le Stade Rennais a réussi cet été à garder les cadres de son effectif. Rien de surprenant alors à observer un collectif  déjà assez bien huilé, même si des changements notables apparaissent dans le jeu des Rouge et Noir. Décryptage.

Rennes vient de signer la meilleure saison de son histoire, mais s’il fallait dresser une liste des pistes d’amélioration, la gestion des coups de pieds arrêtés offensifs apparaitraient forcément en bonne place. Bonne nouvelle pour les Rouge et Noir : ils semblent déjà avoir corrigé le tir dans un exercice dans lequel ils étaient peu habiles l’an dernier (9e de L1, avec 6 buts). Les six buts marqués en amical (sur 12) indiquaient déjà une amélioration dans ce domaine. Plus significatif, les Rennais ont inscrit leur premier but de la saison, dans cet exercice. A Lille, Del Castillo avait tiré un corner, dévié par Camavinga au premier poteau, et Da Silva s’était libéré du marquage pour se jeter au second poteau et offrir l’égalisation à son équipe (match nul 1-1). Nayef Aguerd aurait lui aussi pu imiter son compère lors de la réception du MHSC, avec une tête qui a frôlé le poteau droit du gardien adverse. Si cela n’a pas fonctionné cette fois-ci, il est fort à parier que les deux centraux auront d’autres occasions de faire trembler les filets, d’autant que le Marocain a déjà montré de grandes dispositions dans le jeu aérien.

Rennes, le plus précis

Au rayon des nouveautés, s’ajoute également une possession de balle en hausse, s’élevant à 58% sur les deux premières rencontres. Le Stade Rennais se classe ainsi troisième de Ligue 1, derrière Lyon et Monaco. Et c’est lors du match contre Montpellier (victoire 2-1) que les hommes de Stéphan sont montés en régime avec 65% de possession de balle. A titre de comparaison, jamais le SRFC n’avait atteint un tel chiffre la saison dernière (toutes compétitions confondues), le plus haut taux étant lors de la réception de Nîmes fin février, avec 64% de possession de balle. La possession élevée du Stade Rennais et le taux de passes réussies révèle une bonne circulation du ballon, à la fois rapide et précise.

Précise puisqu’avec 86,2% de passes réussies sur les 1127 passes tentées, Rennes se classe tout simplement premier de notre championnat. Nzonzi, Aguerd et Da Silva n’y sont pas étrangers mais d’autres joueurs se sont mis en avant, notamment la recrue Serhou Guirassy. Si les chiffres ne sont pas forcément parlant étant donné le peu de temps de jeu de l’attaquant (30 minutes face à Montpellier), il est tout de même à noter que sur ses 14 passes tentées, les 14 ont été réussies ! En point d’appui, sa capacité à s’imposer dans les airs et à faire des déviations pour ses partenaires représentent un plus dans l’effectif breton. Alors que M’Baye Niang est resté sur le banc, les bons débuts de Guirassy ne devraient pas aider le Sénégalais à retrouver sa place, d’autant qu’il a fauté en manquant sans raison un entraînement la veille du match amical face au Benfica.

Autre tendance observée lors de ces deux premiers matches : un pressing qui a gagné en intensité et en hauteur. Si l’année dernière, Eduardo Camavinga et Benjamin Bourigeaud étaient les deux joueurs à exercer le plus de pressions, aujourd’hui on retrouve Martin Terrier et Raphinha en tête de liste. Les deux ailiers offensifs sont en effet très importants dans le dispositif de Julien Stéphan puisque ce sont eux qui forcent les passes latérales de l’adversaire. Ainsi, l’attaquant de pointe rennais peut fermer le jeu intérieur avec éventuellement l’aide d’un milieu relayeur qui, lui aussi, va monter au pressing sur la défense centrale opposée. De quoi se donner l’opportunité de récupérer le ballon plus haut, pour écourter le chemin vers le but.

Soppy, aussi fort en stat’

A la récupération du ballon (plus ou moins haute), le SRFC nous offre en ce début de saison des mouvements très intéressants entre les attaquants et les milieux de terrain. Voir entre deux attaquants. Quand l’un décroche pour aspirer l’adversaire, l’autre se projette permettant ainsi à ses coéquipiers de lui distiller des passes dans l’espace. Ces ouvertures sont d’autant plus dangereuses qu’elles offrent aux Rennais des possibilités de frapper au but. Avec 32 tirs en 2 matchs, les Brétilliens sont ceux qui tentent le plus souvent leur chance. Malheureusement, la finition n’est pas encore au rendez-vous puisque seulement deux de ces tirs ont abouti à un but.

Dans ces phases offensives, n’oublions pas non plus l’apport des latéraux. Comme la saison passée, Julien Stéphan s’appuie sur ses derniers pour attaquer. C’est d’ailleurs Faitout Maouassa qui a le plus tiré au but pour le moment, avec 5 tirs tentés pour 2 cadrés (à égalité avec Camavinga). Mais c’est sur Brandon Soppy que les regards sont braqués. Après être entré en jeu face à Lille suite à l’expulsion de Sacha Boey, le latéral droit s’est révélé au grand jour face à Montpellier. Physiquement très solide, il a été le meilleur tacleur de l’équipe pour sa première titularisation. Mieux, c’est le troisième élément à faire le plus de pressing (derrière Terrier et Raphinha) et surtout, celui qui connaît le plus de réussite dans cet exercice. Faitout Maouassa et Brandon Soppy sont aussi les joueurs qui taclent et effectuent le plus d’interceptions dans l’effectif.

En ce début de saison, le Stade Rennais a exhibé un éventail tactique toujours plus riche. Pour s’éviter des mauvaises surprises, il devra toutefois gagner en efficacité. La prochaine exhibition du work in progress de Julien Stéphan se tiendra le dimanche 13 septembre, avec un déplacement aux Costières pour affronter le Nîmes Olympique.

Mélanie Durot