8 mars 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Rennes-Monaco : déjà la saison de « la Truffe »

Face à un Monaco très bien organisé et percutant, Rennes n’a pas toujours maîtrisé son sujet, mais a pris le dessus dans le « Stéphan time ». Le salut est notamment venu du jeune Adrien Truffert. 

En conférence de presse d’avant-match, Julien Stéphan avait rappelé qu’il avait été appréciable pour lui de réaliser une préparation avec un effectif. qui n’avait pas perdu d’élément moteur, à défaut d’être complet. Et c’est peut-être la différence avec ce qu’il s’était passé l’an dernier lors de cette même 4e journée, que Rennes avait déjà abordé invaincu, et déjà face à un adversaire de la Côte d’Azur. C’était Nice (1-2), et une fois menés,  Damien Da Silva et consorts avaient paru incapables de réagir. Cette fois, les Rouge et Noir ont longtemps peiné, ont même été proches d’encaisser le but du break (Ben Yedder, 57e), mais cette équipe a des repères communs, ce qui aide à rebondir. Une question de mentalité aussi. «Au même moment l’an dernier, on n’avait peut être pas franchi ce palier, observait ainsi le gardien, Romain Salin, très bon samedi dans l’anticipation, on mettait du temps à réagir, mais là, dès les matches amicaux, on a su se rebeller quand on souffrait».

Deux jours avant l’accueil de l’ASM, Julien Stéphan avait aussi dit ceci, qu’il ne cherchait«pas d’autre latéral gauche». Une marque de confiance envers Adrien Truffert, surprenant jeune homme providentiel, samedi soir. L’entrée du latéral n’était d’ailleurs pas prévue, mais la blessure de Faitout Maouassa -«un coup juste au-dessus de la cheville» précisait Stéphan- allait précipiter ses débuts en Ligue 1. On jouait la 41e, et Rennes paraissait bien mal embarqué, après avoir concédé l’ouverture du score par Wissam Ben Yedder (28e) face à une équipe qui lui ressemble, compacte, en 4-3-3, avec Cesc Fabregas dans le rôle de Steven Nzonzi. Monaco se montrait notamment particulièrement habile pour aspirer le bloc haut rennais, qui perdait son joueur le plus remuant, touché après un tacle de Ruben Aguilar. Sur ses premiers ballons, son remplaçant se montrait quelque peu hésitant, et un peu brouillon. Plutôt logique quand on fait ses débuts à 18 ans face à un adversaire coriace et très bien organisé tactiquement, mais Truffert a une grande qualité, déjà entrevue lors des matches de préparation : il va toujours de l’avant.

«Ce n‘était pas simple, c’est pour cela que je loue sa personnalité, insistait Stéphan, au quotidien on travaille pour que les latéraux apportent la supériorité numérique et c’était d’autant plus important aujourd’hui que les espaces se trouvaient sur les côtés, alors que charnière monégasque (Disasi-Badiashile) était très solide». D’un centre parfaitement enroulé, sur un contre initié et conclu, de la tête, par Steven Nzonzi (81e), Truffert a signé sa première action décisive. Puis, viendra l’extase de son premier but en pro, dix minutes plus tard, dans le Stéphan time qui avait déjà rapporté onze points au Stade Rennais la saison dernière. « »La Truffe », c‘est un bon petit, un peu introverti, très poli, brossait Salin, depuis le début de la préparation il n’y a aucun problème avec lui, il comprend et exécute ce qu’on lui demande». Un soir où Camavinga (sorti à la 80e) n’a été que l’ombre de lui-même, c’est un autre jeune du centre qui tire les Rouge et Noir vers le haut. Longtemps mis en échec par Monaco, comme il avait été bousculé par Nîmes, ce Rennes est décidément résilient. Pas la moindre des qualités du co-leader de L1.

Thomas Goubin