27 février 2021

Foot Breizh

Actualité du football breton

Rennes bousculé, mais Rennes premier

A Nîmes, les Rouge et Noir ont affiché moins de maîtrise, mais quand on est leader au soir de la 3e journée, c’est aussi que beaucoup de signaux sont au vert.

Au terme d’une rencontre où Rennes s’est fait bousculer par des Nîmois aussi agressifs que percutants, il y a pourtant beaucoup de positif à retenir. Car ce match, que Julien Stéphan a comparé à «un combat de boxe» a notamment constitué une parfaite entrée en matière pour Serhou Guirassy, titularisé pour la première fois. Un doublé (12e, 39e) qui a mis en avant tout l’éventail de ses qualités, dont un pied gauche qu’on ne lui connaissait pas aussi létal, avec lequel il a pu inscrire un des plus beaux buts de la journée. Il y a eu aussi cette entrée décisive de Benjamin Bourigeaud, qui devrait faire beaucoup de bien à celui qui restait sur une saison 2019-2020 bien terne. Et puis, au bout de 90 minutes en montagnes russes, il y a évidemment cette place de leader, comme la saison dernière au même stade de la saison. Une nouvelle très bonne habitude du Rennes de Stéphan.

Deux fois, le troisième du dernier exercice s’est fait rejoindre au score (Cubas à la 36e, Ferhat à la 55e), avant de finir par prendre le dessus sous l’impulsion de l’entrant Bourigeaud. Il y eut d’abord ce coup-franc superbement ajusté (73e), que Nayef Aguerd, le surprenant co-meilleur buteur rennais, a rabattu au fond des filets. Un nouveau but sur coup de pied arrêté, le troisième de la saison déjà -un par match- alors que Rennes avait inscrit seulement six buts sur ce genre de phase la saison dernière. Pas le fruit du hasard, puisque Julien Stéphan a révélé que l’exercice était désormais abordé «différemment» lors des entraînements. Un travail qui paie manifestement, même si ce progrès doit aussi être imputable à la qualité individuelle d’Aguerd sur ce genre de phase. Et puis, au bout du temps additionnel, Bourigeaud, cette fois buteur, a encore frappé pour donner une ampleur pas forcément justifiée au succès rennais (2-4). Un but important pour un joueur en manque de stats, qui n’avait fait trembler les filets qu’à deux reprises la saison dernière, pour une passe décisive. Comme le confia ultérieurement Julien Stéphan, l’entrée du Calaisien avait été programmée pour un moment du match où il pourrait «apporter beaucoup, dans le pressing, l’utilisation du ballon». «En plus, il a été décisif» ajoutait-il.

Un coaching gagnant favorisé par un groupe où les remplaçants peuvent être «frustrés», a reconnu l’entraîneur, mais qui donnent «leur maximum» une fois sur la pelouse. Mais aussi par la règle des cinq changements. «Elle a modifié ma manière de gérer les matches, a reconnu Stéphan, on les construit en prenant des options de départs et de fin». Comme option de départ, l’entraîneur rennais avait décidé, pour la première fois de la saison, de miser sur Flavien Tait. Comme pour Bourigeaud, ce déplacement à Nîmes pourrait-il donner un nouvel élan à l’ex-Angevin ? Aussi actif que de coutume, il s’est surtout montré bien plus juste, comme en témoigne cette relance qui allait aboutir sur l’ouverture du score, avant cette passe en retrait caviar pour Guirassy (1-2, 39e).

Alors, tout n’a évidemment pas été parfait. Rennes a pris deux buts malgré un Salin vigilant dans la profondeur pour éteindre les feux nîmois, Hamari Traoré s’est montré trop tendre sur le débordement de l’intenable Birger Meling (2-2), alors qu’Eduardo Camavinga, manifestement émoussé par son séjour en Equipe de France, mais aussi très bien pris par l’Argentin, Andrés Cubas, a perdu bien plus de ballons que d’habitude. Mais son appel en profondeur, conjugué à celui de Jonas Martin, a aussi grandement contribué à libérer Guirassy sur l’ouverture du score. Au terme de la rencontre, Rennes était leader de Ligue 1 et toujours invaincu. De quoi mériter de voir le verre à moitié plein, après avoir souffert dans la chaleur du Gard.

Thomas Goubin